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A ne pas rater : la Symphonie n° 4 de Brahms dirigée par Harout Fazlian
Le 08/12/10
L’Orchestre Philharmonique du Liban organise, ce vendredi 10 décembre, un concert exceptionnel dirigé par Harout Fazlian qui a expliqué à l'Agenda Culturel pourquoi il a choisi de programmer la Symphonie n° 4 de Brahms.
Je crois que chaque chef d’orchestre doit trouver ses miroirs en musique. Des miroirs qui peuvent vraiment refléter et transmettre ses émotions et ses pensées les plus profondes. Pour moi, la musique de Brahms est l'un des ces miroirs, surtout la 4ème symphonie. Dans celle-ci, je retrouve la puissance et l'expressivité de l'école classique alliées aux émotions lyriques et stimulantes de l'école romantique. La symphonie commence par une mélodie résignée et saturée de regret. A mesure que progresse le mouvement, les expressions sont compressés jusqu'à ce qu'elles éclatent d’une manière imposante. Si le premier mouvement est une tragédie sur une échelle épique, le deuxième mouvement est une réponse à des proportions plus humaines avec le début des cors suivis par des cordes à chaude coloration. Le troisième mouvement est un scherzo résolument optimiste, qui semble déplacé au départ, et pourtant il est tout à fait approprié car nous avons besoin d'un soulagement suite aux deux premiers mouvements. Quant à la finale, Brahms a écrit une musique qui n’est pas juste personnelle et contemporaine, mais de la musique résolument tournée vers l'avenir, vers un siècle qui validerait ses appréhensions. Cette symphonie est un chef-d'œuvre et un miroir qui ne peut pas être brisé. Il ne peut que refléter mes pensées et émotions les plus intimes.
Harout Fazlian
... Et Brahms écrivait en 1885 : "Généralement, mes œuvres sont plus agréables que je ne le suis moi même. Mais avec celle-ci, les cerises ne se transforment pas en fruits délicieux ; cette Quatrième Symphonie est une musique pleine de profondeur, qui mène dans un royaume dans lequel joie et tristesse sont étouffées et où l'humanité tend vers ce qui est éternel".
En fait, dès sa création, l'œuvre fut reprise par de nombreux orchestres européens puis américains, et devint rapidement incontournable et figure aujourd'hui parmi les œuvres symphoniques les plus jouées au monde. La symphonie entière dure environ quarante minutes, avec trois mouvements de durée équivalente, le troisième étant le plus court.
On dénombre 204 enregistrements effectués par tous les grands chefs d’orchestres.
Au programme
Wagner | Tannhäuser - Overture
Bruch | Concerto pour violon, viola et orchestre
Brahms | Symphonie N° 4
Concert à l'église Saint-Joseph des Pères Jésuites, Ashrafieh-Monot
Vendredi 10 décembre à 20h30
:. Carlos Kleiber - Brahms Symphony N° 4 (2ème mouvement/1ère partie)
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