’Arab Express’ ou l’art arabe au Japon
Le 26/06/12
’Arab Express’ est la première exposition d’artistes contemporains moyen-orientaux au Japon, qui se tient du 16 juin au 28 octobre 2012 au Mori Art Museum. Elle regroupe les œuvres de 34 artistes de la péninsule arabe et des pays arabes voisins.
Cette manifestation entend commémorer le 40e anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et Bahrain, Oman, Qatar et les Emirats arabes unis, et le 50e anniversaire de celles avec Kuweit et l’Arabie saoudite.
Entretien avec Nanjo Fumio, directeur du Mori Art Museum de Tokyo et curateur de ’Arab Express’.
’Arab Express’ est la première exposition introduisant des artistes du Moyen-Orient au Japon. Quels sont les critères de sélection des artistes et les pays concernés par cette exposition ?
D’après la définition du ministère des Affaires étrangères japonais, le Moyen-Orient est le vaste territoire qui va du Liban sur la Mer Méditerranée aux Pays du Golfe et qui, à travers la Turquie et l’Iran, rejoint l’Afghanistan à l’Est. Les pays inclus dans cette région diffèrent profondément par leurs groupes ethniques et leurs religions. Présenter tous ces pays et ces sociétés comme une région culturellement homogène serait un objectif presque impossible.
’Arab Express’ fait le point sur les pays de culture arabe du Moyen-Orient, soit les pays qui partagent des éléments communs. Il s’agit plus précisément de la région représentée par l’Egypte, le Levant et les pays du Golfe. Les nations du Maghreb n’ont pas été inclues, étant donné que plusieurs artistes provenant de cette région avaient participé à l’exposition ’Africa Remix’, organisée par le Mori Art Museum en 2006. On a également exclu la Turquie, l’Iran et Israël pour des raisons liées à leur différent ’’background’’ ethnique et religieux.
Quand est-ce que vous avez commencé vous intéresser au Moyen-Orient ?
J’ai commencé à visiter les pays du Moyen-Orient vers la fin des années 1970, en tant que représentant du programme d’échanges culturels de la Fondation du Japon et dans le but d’introduire dans la région l’art de la scène japonais traditionnel. Quand l’on considère ce que c’était [côté art contemporain] le Moyen-Orient à cette époque là, le changement est certainement plus que remarquable. L’art contemporain était presque inexistant et les manifestations artistiques le plus avancées rentraient plutôt dans le contexte de l’art moderne. La transformation sociale et culturelle qui a lieu dans la région est franchement phénoménale.
Quel est l’objectif principal que vous vous proposez avec ’Arab Express’ ?
L’objectif de cette exposition n’est certainement pas celui de mieux comprendre la société moyen-orientale. Ceci dit, on ne peut pas nier à l’art son pouvoir de permettre aux gens de déplacer leur regard vers la réalité des sociétés qui forment cette toile de fond. Par conséquent, au-delà de lui offrir une possibilité d’apprécier des travaux artistiques uniques réalisés dans une société arabe en train de changer rapidement, le public japonais - qui a une connaissance assez approximative du monde arabe - pourra renouveler son expérience de la société et de la culture arabes dans lesquelles ces œuvres ont été produits. Car pour acquérir une compréhension de l’art arabe contemporain, il faut avant tout s’ouvrir à l’autre.
Propos recueillis par Christiana de Marchi, Emirats arabes unis