Jade : Forever Underground
Le 21/12/10
Le Basement, lieu incontournable de la nuit beyrouthine, fermera ses portes le 9 janvier 2011. Que de souvenirs entre ces murs de béton ! Mais Jade, le maître des lieux, ne laissera pas tomber les fêtards que nous sommes dans des lieux de mauvaises débauches. Celui qui nous fait danser en sous-sol depuis 5 ans a déjà un autre projet en vue…
"Nous fêterons la fermeture du Basement ce 9 janvier, l'immeuble va être détruit pour en faire un grand centre. Il est vrai que c'est la fin d'une aventure, mais je suis optimiste vis-à-vis de cette fin car j'ai envie de quelque chose de nouveau. J'ai trouvé un endroit dans le quartier de Mar Mikhaël, un espace qui pourra accueillir environ trois cents personnes et qui ne sera pas en sous-sol. Le public pourra donc y venir dès le début de la soirée. Ce nouveau lieu ouvrira ses portes vers la mi 2012, mais d'ici là nous organiserons deux soirées par mois dans des endroits variés" , explique Jade.
Le but sera est d'offrir une programmation musicale éclectique basée sur la musique alternative et les performances en live. Les groupes seront libanais et étrangers, grâce au soutien dont Jade bénéficie de la part du Centre culturel français et du Goethe-Institute qui lui ont permis de ramener de nombreux artistes internationaux.
"En 2005, je mixais dans des bars et j'organisais des soirées. Le son était de l'électro-trash et de la techno allemande, et il y avait vraiment un public pour ça. C'est sur une idée spontanée et un peu folle que j'ai ouvert le Basement. Mon but était alors de mettre à disposition un espace pour les divers types de musique alternative - rock, électro ou autres - où des groupes locaux pouvaient se produire en live. Même si, avec le temps, le Basement est devenu électro à 80%, je n'ai jamais voulu m'arrêter à l'aspect club", se souvient-il.
Depuis les débuts du Basement, Jade s’est considérablement diversifié et a acquis de l’expérience : "À l’époque, je ne connaissais rien au business, je voulais simplement créer un endroit pour jouer de la musique et organiser des "workshops". Entre les ateliers de musique électronique, la promotion d'artistes locaux et les soirées caritatives, j’étais sur différents fronts tout en travaillant sur l'image du lieu. Je sais aujourd’hui comment communiquer avec les agences et les artistes étrangers, gérer un staff de trente personnes et gagner la confiance et le respect", raconte le DJ.
Aujourd'hui, Jade et son équipe ont créé un vrai mouvement. Depuis son ouverture, le Basement n'a jamais désempli. Le public y vient pour s'amuser et trouver une bulle d'air et de liberté, loin de l’univers show-off de la nuit beyrouthine…
Quand on lui demande quel est son souvenir le plus marquant, Jade se souvient d’une nuit particulière : "Nous avions fermé le Basement pendant la guerre de 2006, et trois semaines après, nous avions organisé une soirée 'Minimal Resistance' afin de lever des fonds pour une association qui s'occupait des réfugiés à Beyrouth. On attendait cent cinquante personnes et six cents sont venues, les gens n'arrêtaient pas de s'embrasser, c'était magique… Cette soirée a eu lieu par la suite à Paris, Londres et Berlin, et les DJ internationaux se sont mobilisés eux aussi pour la cause".
C'est avec son sourire légendaire, sa présence lumineuse et sa musique que Jade a conquis le cœur de beaucoup de noctambules qui n'ont pas fini d'entendre parler de lui ! The show will go on ! "Je représente une minorité au Liban, mais c'est la minorité qui aime la vie", conclut Jade.
Cécile Galia