Johnny Karlitch nous entraîne vers la fin du monde…
Le 30/07/12
Le cinéaste documentariste et ex-journaliste Johnny Karlitch signe son premier roman ‘01.01.2013’ au Théâtre Monnot le 31 juillet à 17h00. Il nous éclaire plus longuement autour de ce thriller d’anticipation sur le thème de la fin du monde.
Devenir écrivain, un rêve longtemps entretenu ?
Oui, sans hésiter. D’aussi loin que je me souvienne, l’écriture a représenté pour moi un accès privilégié à l’univers merveilleux de l’imaginaire. Disons que c’était principalement par le biais de la lecture - beaucoup de lecture, des heures et des heures dans des ailleurs aussi divers que leurs auteurs – que se distillait l’envie d’être de l’autre côté de la page imprimée qui se déployait devant mes yeux. Mais le passage à l’écriture s’est fait au tout début par l’écriture de scénarios pour des films de fiction (réalisés ou non) puis par la rédaction de centaines d’articles sur le cinéma, le théâtre, la littérature ou la musique en tant que journaliste culturel. L’écriture d’un roman a donc dû attendre longtemps, le temps que je me sente assez de courage et de capacité pour m’y consacrer presque exclusivement.
Pourquoi avoir édité votre roman ?
Je précise que mon roman n’est pas édité à compte d’auteur auprès d’une maison d’édition. Je l’ai autoédité ! En quelque sorte, à compte d’auteur-éditeur. Sur la couverture, on peut lire "Autœdition". C’est le nom – pour le moment fictif – de ma future petite maison d’édition. La différence entre ces deux sortes d’édition, c’est qu’avec l’autoédition, je me réserve l’immense plaisir de contrôler toutes les phases de conception, de production et de promotion, tout en assumant pleinement les conséquences, aussi négatives soient-elles. Un travers de vieil autodidacte indépendant.
Qui est le lectorat visé ?
Mes lecteurs potentiels aiment les récits d’action, les intrigues à suspense avec des rebondissements inattendus et les thrillers. Et ils s’intéressent aussi à des thèmes qui vont très bientôt accaparer notre espace collectif et individuel tels l’intelligence artificielle, le cyborg ou l’hybridation humain-robot, la duplication du cerveau et le transhumanisme.
Autour de quoi tourne le thriller ?
Le récit démarre le 14 décembre 2012 et il se déroule comme un compte à rebours qui entraîne inexorablement la Terre jusqu’au 21 décembre 2012, date totalement fatidique puisqu’elle paraît vraiment être celle de la fin du monde. La planète est bouleversée, des cataclysmes et des guerres se déchaînent aux quatre coins du globe, et notre destin semble scellé. Pourtant, un homme, aux antipodes du héros conventionnel, va essayer de stopper cette chute vers l’apocalypse.
Pourquoi avoir choisi ce thème ?
Eh bien, sous des dehors de thriller divertissant, qui met en confrontation un "méchant" mégalo et des "bons" quelque peu dépassés par la monstruosité des événements, je souligne, sans appuyer le trait, la possibilité inquiétante que cette technologie du bio-artificiel et du neuro-virtuel ouvre la voie à des dérives totalitaires pour un contrôle absolu de l’esprit humain. Comme j’égratigne au passage les croyances et les prédictions superstitieuses qui, à intervalles réguliers, s’auto-flagellent avec la "fin du monde".
Le prochain roman dépend-il directement de la réaction des lecteurs ?
Je pourrais répondre que non, que je continuerai à écrire même si je n’avais qu’un seul lecteur (moi-même peut-être). Ce ne serait pas vrai. J’ai besoin de savoir si des lecteurs vont être captivés par le rythme de l’intrigue, s’ils vont être séduits par l’originalité de mes personnages. Dont l’un va à coup sûr faire beaucoup parler de lui.
J’ai donc besoin, en tant que romancier, d’être à l’affût du feedback des lecteurs pour décider de faire revivre ces personnages dans un tome suivant ou de les abandonner au profit de nouveaux personnages dans un récit tout à fait autre.
Propos recueillis par Grace Barmaki