Sahar Muqaddem, romancière de 20 ans
Le 11/12/11
Sahar Muqaddem est sans doute l’une des révélations de cette 55e édition du Salon arabe et international du livre de Beyrouth. Née à Tripoli en 1991, cette étudiante en journalisme à la LAU publie, à 20 ans, son premier roman, Anā wa Karīm wa as-sūshī (’Karim, les sushis et moi’) chez Dar al-Saqi. Entretien avec une auteure de la nouvelle génération.
Vous publiez votre premier roman à 20 ans, ce qui est en soi impressionnant. À quel âge avez-vous commencé à écrire ?
Quand j’avais sept ans, j’ai dit un jour que je voulais devenir une écrivaine, mais j’ai laissé tomber l’idée à l’école parce que je n’y ai reçu aucun encouragement. Je n’ai jamais su que j’écrivais bien. Mais j’ai toujours été une bonne lectrice. J’ai commencé ce roman pendant un atelier d’écriture arabe à la LAU, animé par Rachid al-Daif. Il a aimé ce que j’ai écrit, de même que mes camarades de classe, et cela était plus que suffisant pour me motiver. Rachid al-Daif m’a beaucoup encouragée à continuer les morceaux d’écriture d’atelier pour en faire un roman. Les idées ont commencé à émerger, les personnages se présentaient par eux-mêmes. C’est ainsi que j’ai commencé. Si je n’avais pas suivi cet atelier avec Rachid al-Daif, je n’aurais pas découvert ma passion pour l’écriture.
Vous a-t-il été difficile de trouver un éditeur ?
En fait, Dar al-Saqi était mon premier choix. J’ai envoyé mon roman à la directrice éditoriale. Deux semaines plus tard, elle m’a appelée pour me dire qu’ils acceptaient de le publier. C’était un rêve qui se réalisait.
Maryam, l’héroïne du roman, tombe enceinte à 16 ans de son copain, qui la quitte aussitôt. Le thème du livre reste provocateur dans nos sociétés. Pourquoi était-il important pour vous de le traiter ?
Je suis d’accord sur le fait que ce sujet est considéré tabou dans nos sociétés arabes. Mais nous ne pouvons pas occulter le fait qu’il existe. Tomber enceinte avant le mariage n’est pas une fiction dans la société libanaise d’aujourd’hui. Dans la vraie vie, la mère adolescente se voit contrainte d’avorter par peur des pressions sociales. Mais dans ce roman, Maryam choisit de garder le bébé, acte qui prête certainement à controverse. Un tel sujet nous permet de remettre en question nos convictions et nos valeurs, nos conceptions du bien et du mal.
Farès croyait à l’amour. Pourtant, il laisse Maryam faire face à son problème seule. Que pense-t-on de l’amour quand on a subi une telle déception à 16 ans ?
Je ne saurais répondre avec certitude… mais je pense qu’une adolescente pourrait s’effondrer, ou passer par une phase de chagrin d’amour, de dépression et de méfiance vis-à-vis de l’amour, ou alors choisir de continuer sa vie et d’être forte comme Maryam.
Les sushis jouent-ils vraiment un rôle dans le roman, ou servent-ils davantage à avoir un titre accrocheur ?
Je pourrais affirmer les deux. Les sushis marquent le début de tous les événements importants de l’histoire ; et en particulier, Maryam accouche dans un restaurant qui sert des sushis. Mais je cherchais certainement aussi un titre accrocheur pour le roman quand j’ai choisi celui-ci.
Avez-vous d’autres projets dans votre esprit ou vos tiroirs ?
Je ne vais certainement pas abandonner l’écriture. C’est une veritable addiction. J’ai beaucoup d’idées en tête, mais je cherche encore la meilleure.
Propos recueillis par Samar Abou-Zeid
Sahar Muqaddem, Anā wa Karīm wa as-sūshī
Salon arabe et international du livre de Beyrouth, BIEL
Stand Dar al-Saqi
Signature : Mardi 13 décembre 2011 de 18h00 à 20h00