A l’occasion de la rétrospective de Saloua Raouda Choucair à partir du 27 septembre, au Beirut Exhibition Center, César Nammour, collectionneur, critique d’art et ami de la grande dame, signe ce billet.
Petite et fragile, indépendante et résolue, avec détermination et persévérance, Raouda Choucair passe de longues heures de travail dans son atelier, à convertir avec passion métaux, bois et plâtre en sculptures remarquables. À l’école, son esprit scientifique vif lui avait permis d’exceller en mathématiques et en physique. Elle avait ensuite suivi des études universitaires de philosophie et de logique. Toujours au fait des dernières découvertes dans les domaines scientifiques, elle se désigne comme
’’l’enfant de ce siècle’’.Elle s’est toujours élevée contre le conformisme. Comme épouse et mère d’une fille unique, elle cuisine de manière peu conventionnelle pour ne pas perdre un temps précieux. Elle prépare les traditionnelles aubergines et courgettes farcies en répartissant une couche de riz et de viande hachée entre deux couches de ces légumes en tranches, dans un plat à four comme pour le kebbé, se demandant :
’’pourquoi les préparer comme toutes les femmes le font, et passer des heures à farcir des légumes évidés ?’’
Elle était amère durant les trois premières décennies de sa vie artistique, à cause de l’encouragement et de la reconnaissance qui tardaient à venir. Attachée à ses œuvres, elle éprouve toujours de la tristesse à s’en séparer quand elle les vend.
Choucair concilie la sensibilité du XXe siècle avec l’esprit de l’art islamique et sa propre identité culturelle innée. Dans son esprit et dans son art, elle a résolu la dichotomie entre le modernisme et l’héritage arabe.
César Nammour
(texte traduit de l’anglais)
A savoir‘Saloua Raouda Choucair : The Retrospective’
Beirut Exhibition Center
Du 27 septembre au 13 novembre 2011
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Rétrospective Saloua Raouda Choucair