Avec Metropolis, Hangar Umam, Community Dance Project, Mia Habis, Joe Kesrouani et les ateliers de danse, Bipod gagne du terrain. En introduisant Cinedans - festival de danse à l’écran, Metropolis montre une nouvelle fois son intérêt pour le cinéma et les arts.
Cinedans est le point de rencontre entre la danse et le cinéma en projetant des chorégraphies créées spécifiquement pour la caméra et des adaptations de films inspirées de performances déjà existantes, des documentaires et des rétrospectives.
Les films de danse contemporaine sont souvent des œuvres d’art autonomes avec un langage et des formes d’expression propres.
En plus du programme de films, le festival s’est intéressé à des formes variées de projets et d’installations média en relation avec le mouvement. On a eu le plaisir de voir diffusés sur les écrans ’Deep end dance’de Conor Horgan et ’White Swan’ de Konstantin Telepatov.
Mustafa Kaplan et Filiz Sizanli ont fondé en 2003 à Istanbul
Taldans Theater Research Laboratory. Ces deux chorégraphes turcs, en résidence à Beyrouth dans le cadre d’un “work in progress” initié par Umam, ont créé ’
Newyesterday’, une performance qui interroge la mémoire à l’aide de deux corps et d’images retransmises. Dans cette création, l’intention des artistes était de construire une histoire commune à partir de deux versions individuelles et subjectives. Quelle meilleure source d’inspiration pour décrypter la mémoire que celle de la ville de Beyrouth, forte d’une mémoire commune et de souvenirs multiples. Ils se sont donc intéressés au passé de Beyrouth, un passé encore instable et vivant qui se nourrit non seulement de débats politique, social et historique, mais qui incarne aussi un ensemble organique et sensible nécessaire à interpréter.
Community Dance Project est une performance chorégraphiée par
Omar Rajeh, fondateur de Bipod et de Maqamat Dance House, et exécutée par des participants issus de camps de réfugiés palestiniens dans le but de renforcer des liens créatifs et de construire une collaboration artistique à long terme. On retrouve dans cette performance Léna Osseyran, Dima Irani, Safaa El Ali, Elissar Mezher, Rabih Nasser, Haissam Abd El Al, said Abd El Al, Wael Farghawi.
Toujours dans le cadre de Bipod, des
ateliers de danse dirigés par de grands artistes chorégraphes ont eu lieu à Maqamat Dance House. Un programme de formations varié a été proposé aux danseurs : Guy Nader et Maria Campos Aroyo ont travaillé le poids et la gravité et le contact avec le partenaire, Pablo Palacio et Muriel Romero ont exploré la relation gestuelle entre le mouvement et le son, et Francesco Scavetta a fait en sorte d’éveiller les réflexes et la sensibilité du corps.
A l’ouverture du festival, devant l’entrée du théâtre al-Madina, un jeune homme était couché sur des bocaux en verre, la tête tournée vers le bas. Dans son installation
’Ssssshhhhhhh’, Mia Habis dénonce le silence devant les atrocités commises notamment dans le monde arabe. Elle accuse les affaires étouffées, les crimes, les vols, les catastrophes écologiques que les gouvernements tentent toujours de camoufler. Chorégraphe, danseuse et professeur,
Mia Habis est une artiste engagée qui cherche à exprimer dans ses œuvres la réalité profonde du monde qui l’entoure.
Derrière l’objectif de Joe Kesrouani, Mia Habis,
Emilie Thomas et Ali Chahrour, danseurs et chorégraphes de Maqamat Dance House, défient les lois de la pesanteur. La danse permet le dépassement des limites ordinaires, elle est une forme de liberté dans le mouvement et ceux qui la pratiquent échappent ne serait-ce qu’une fraction de seconde aux lois de la nature. C’est ce que Joe Kesrouani, artiste photographe libanais aux talents multiples, cherche à exprimer dans ’Gravity’, une exposition de photos en édition limitée et aux titres très évocateurs ’Day One Light and Darkness’, ’Day Two, Heaven’, ’Day Three, Land, Seas & Vegetation’…
Lire aussi
‘Gravity’ de Joe Kesrouani, l’indicible du corpsCes événements qui ont lieu dans le cadre du festival Bipod contribuent au rayonnement de la danse contemporaine à Beyrouth dans d’autres espaces et sous différentes formes.
Céline Khoury
> Consulter le programme complet de
Bipod