Marie Séférian, jeune voix du jazz
Le 02/11/10
Marie Séférian, chanteuse et compositrice d'origine libano-arménienne, était à Beyrouth à la fin du mois de septembre pour trois représentations organisées par le Goethe Institute, dont la première a eu lieu à l'AUB. L'Agenda Culturel a rencontré la talentueuse musicienne pour parler de son amour du jazz et de sa carrière prometteuse.
« J'ai toujours la tête pleine d'idées de mélodies », avoue Marie. Fille de deux musiciens classiques, Marie Séférian a commencé le violon à 3 ans. C'était le début d'une vie vouée à la musique. A 14 ans, elle se met au piano et au chant. Comme elle pratique également la danse classique, la jeune fille rêve de comédie musicale. Après un passage par le conservatoire des Pays-Bas, Marie Séférian part tenter sa chance à l'Institut de jazz de Berlin. « Là-bas, j'ai étudié avec David Friedman, Judy Niemack et Peter Weniger », se souvient Marie. « Puis j'ai fait un échange d'un semestre à Bruxelles où j'ai eu la chance d'étudier le grand jazzman John Ruocco. »
Les influences
« Mon mentor, David Friedman, a été très important pour moi. Même quand j'avais d'autres professeurs talentueux, c'était avec lui que j'apprenais le mieux à compose. »
Marie ne tarit pas d'éloges sur les musiciens qui l'ont le plus inspirée, professeurs ou musiciens célèbres. « J'adore Chet Baker. Il m'a vraiment inspirée en matière d'improvisation » précise la compositrice. «Mais j'ai aussi beaucoup d'admiration pour Wayne Shorter, Kurt Rosenwinkel, Fay Claassen...et bien d'autres!»
Aujourd'hui, Marie chante et compose au sein d'un quartet à la composition internationale. Tim Schafer, le contrebassiste, et Manuel Schmiedel, le pianiste, sont allemands ; Javier Reyes, le batteur, colombien. Tous les quatre se sont rencontrés en Allemagne. « Ce sont des musiciens extrêmement doués », insiste la chanteuse. « Ils interprètent mes compositions avec beaucoup de sensibilité. »
L'année dernière, le groupe a remporté le très prestigieux Berlin Jazz Award, une première récompense en forme d'encouragement retentissant. « Parfois, quand je compose, je me demande s'il y a quelque part quelqu'un qui a envie d'écouter ma musique », raconte Marie Séférian. « Il y a tellement de musique de qualité partout dans le monde que c'est facile de se sentir comme un poisson dans l'océan. Gagner un prix donne le sentiment d'être sur la bonne voie. »
Isabelle Mayault