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« Baobab: The tree of life » ou le récit d’une contemplation

27/03/2025|Mathilde Lamy de la Chapelle

Exposée jusqu’au 17 avril à la galerie Janine Rubeiz, Leila Jabre Jureidini explore les thèmes de la nature et de la mémoire en mettant à l’honneur l’art textile.


Le thème de cette exposition naît du voyage de l’artiste à Zanzibar, pour fêter son 60ème anniversaire. Pourtant, c’est presque comme une enfant qu’elle s’y émerveille devant la majestuosité des baobabs, ces arbres gigantesques – jusqu’à 25 mètres de hauteur – et à l’ombre desquels viennent se réfugier animaux et tribus, réunis sous cette voûte de verdure.


Cette image, Leila Jabre Jureidini l’a emportée avec elle à Beyrouth, au pays des cèdres. Elle lui a inspiré tout un travail de broderie, déjà exploré dans un précédent projet (« Filiation », 2023), ainsi que des aquarelles et des sculptures en rotin, auxquels viennent s’ajouter des tapisseries égyptiennes commandées par l’artiste. Comme dénominateur commun : l’envie de jouer avec les textures, les dégradés de couleurs et de sortir du figuratif pour explorer la symbolique du baobab.



Car, en Afrique, cet arbre revêt une signification sacrée qui résonne étrangement avec l’histoire du Liban. Résistance, force, longévité : voilà les trois maître-mots que l’on associe à ce colosse végétal, qui défie le temps comme la gravité. Avec une durée de vie pouvant atteindre des milliers d’années, le baobab est le témoin silencieux mais inébranlable des époques.


Et quoi de mieux que la broderie pour le célébrer ? Ce savoir-faire permet de tirer le fil de l’histoire, de tresser ensemble des souvenirs, de créer du lien entre les âges. La laine, comme matière souple, vivante, donne corps aux paysages qu’elle représente. Le travail de l’artiste nous donne l’impression que les feuilles de ces grands arbres sont chahutées par le vent, que le soleil flamboie. Les couleurs sont chatoyantes et l’artiste s’interroge sur la présence systématique du bleu dans ses différentes œuvres : « peut-être est-ce pour représenter le ciel, l’espoir ».  


Leila Jabre Jureidini souligne un autre effet produit par le travail de la laine. Il crée une atmosphère ouatée, rassurante, qui donne au spectateur l’envie de s’y réfugier, restituant ainsi l’aura protectrice du baobab dont les branches abritent, font de l’ombre et nourrissent de leurs fruits. La broderie fait aussi écho, en chacun de nous, à des souvenirs d’enfance. Ceux d’une grand-mère ou d’une tante travaillant le fil. « La laine a quelque chose de familier, et je pense que c’est une sensation que l’on recherche en temps de guerre ».


Pour en savoir plus, cliquez ici



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