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Naji Hakim à l’orgue de Saint-Eustache à Paris

26/11/2021|Zeina Saleh Kayali

Le temps a suspendu son vol (et nos soucis) le temps d’un concert de Naji Hakim, en l’église Saint Eustache à Paris, organisé par l’ambassade du Liban en l’honneur de la fête nationale. 

 

Naji Hakim compositeur et Naji Hakim interprète. Cela faisait longtemps que l’on ne l’avait entendu dans la capitale française. Et quel retour ! Sur l’un des plus beaux instruments d’Europe, au cœur de Paris, à deux pas des Halles, sur le grand orgue de Saint Eustache entièrement reconstruit par un facteur hollandais en 1989. 

 

Une église bondée, des officiels, des curieux, les fans de Naji Hakim (et ils sont nombreux ! ont écouté dans un silence recueilli et quasi religieux une heure dix (c’est le timing habituel de Naji !) de très grande musique, par un interprète dont la lumineuse aisance et les traits virtuoses ne peuvent que susciter l’empathie de l’auditeur.  Le voir à la console est également une expérience extraordinaire car Naji Hakim manipule son instrument avec une grâce aérienne, comme s’il exécutait une chorégraphie chronométrée au millimètre près et en même temps d’une grande liberté. 

 

Pour commencer l’Ouverture libanaise de Naji Hakim, en forme de rhapsodie, bâtie sur des thèmes folkloriques libanais, l’une des « spécialités » du compositeur qui déconstruit la tradition pour mieux la reconstruire, lui donnant un second souffle. Puis viennent deux œuvres de Jean-Sébastien Bach, le choral Bien-aimé Jésus nous sommes ici, et la célébrissime Toccata et fugue en ré mineur, pièce si souvent entendue mais qui, ici, va jusqu’à des sommets d’éloquence. Suivent quatre œuvres majeures de Naji Hakim, Le Bien-aimé, suite de paraphrases grégoriennes qui, en sept mouvements, affirment une fois amoureuse en Celui qui est justement bien-aimé, Villancico Aragones, fantaisie sur des thèmes populaires aragonais et, retour au Liban chéri avec une création mondiale, Prélude et fugue sur le nom de Saint Charbel que le compositeur a eu la noblesse de me dédier, et Aalaiki essalam, inspirée des événements tragiques de 2006 et construite sur une mélodie mariale maronite développée en sept mouvements. 

 

A l’heure où l’on parle du Liban pour évoquer des truands ou des catastrophes, un événement comme celui-ci remonte le moral et donne l’image d’un pays de culture, la seule vraie du pays du cèdre. 

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